Avec 48 équipes, 104 matchs et 16 villes hôtes réparties entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, la Coupe du monde 2026 s’annonce comme la plus grande jamais organisée. Mais cette édition pourrait également devenir la plus polluante de l’histoire du football, en raison des millions de kilomètres parcourus par les équipes, les officiels, les médias et les supporters.
Estimation du bilan carbone de la Coupe du monde 2026
Les estimations publiées par plusieurs chercheurs et organisations environnementales convergent vers une empreinte d’environ 9 millions de tonnes de CO₂, soit près du double de certaines éditions précédentes. Cette hausse s’explique principalement par :
- le passage de 32 à 48 équipes
- 104 matchs, contre 64 auparavant
- 16 villes hôtes réparties dans trois pays
- des distances pouvant dépasser 4.000 kilomètres entre certains stades

Les stades de la Coupe du Monde 2026 sont répartis aux quatre coins de l’Amérique du Nord
À titre de comparaison, ce bilan carbone est supérieur à celui de nombreux grands événements sportifs. Les Jeux Olympiques de Paris 2024 visaient environ 1,6 million de tonnes de CO₂, tandis que Londres 2012 était estimé à près de 3,3 millions de tonnes. Le Mondial 2026 pourrait ainsi dépasser ces événements de plusieurs millions de tonnes de CO₂.
Le transport, premier poste d’émissions
Près de 86% des émissions de la Coupe du monde 2026 seraient liées au transport aérien, selon plusieurs analyses. Les émissions restantes proviennent notamment des stades, de la consommation d’électricité, de l’hébergement, de la restauration, des infrastructures temporaires, de la logistique et de la gestion des déchets. Ces sources secondaires contribuent elles aussi à l’empreinte environnementale globale, mais dans une proportion nettement moindre.

En assistant à la majorité des matchs, le président de la FIFA Gianni Infantino affiche un très lourd bilan carbone
Gianni Infantino – président de la FIFA – est devenu le symbole de cette contradiction climatique. Selon une enquête de la BBC, il a effectué 27 vols en jet privé en un peu plus de deux semaines, parcourant environ 56.000 kilomètres et assistant à près de 25 matchs, pour plus de 70 heures de vol ! Ses déplacements sont estimés à environ 516 tonnes de CO₂, soit l’équivalent des émissions annuelles de 78 personnes. Si ce rythme se poursuit jusqu’à la finale, son empreinte carbone pourrait atteindre 600 à 800 tonnes de CO₂ !
Entre passion et responsabilité climatique
Pour limiter son impact environnemental, la FIFA met en avant l’utilisation d’infrastructures existantes, une meilleure organisation des transports et plusieurs programmes de compensation carbone. Ces initiatives permettent de réduire une partie des émissions liées à l’organisation, mais elles ne répondent que partiellement au principal enjeu : les déplacements internationaux. Tant que des milliers de vol continueront à parcourir de longues distances pour transporter les sélections et les supporters, le transport restera la principale source d’émissions.
La Coupe du monde 2026 illustre le défi auquel sont désormais confrontés les grands événements sportifs : comment continuer à réunir des millions de passionnés tout en respectant les objectifs climatiques ? Le football reste un formidable vecteur de rassemblement mondial. Mais cette édition montre aussi que son modèle actuel, fondé sur une mobilité internationale massive, atteint ses limites environnementales. L’avenir des grandes compétitions passera probablement par une réflexion sur leur format et leur répartition géographique.
